Dans un contexte de hausse significative des volumes importés, le Maroc a officiellement ouvert une enquête de sauvegarde sur les importations de riz. Cette procédure, lancée le lundi 13 avril par le ministère de l’Industrie et du Commerce, fait suite à une requête déposée par les sociétés Mlah Mechich Alami et Mundariz, représentant environ 78 % de la production nationale.
Conformément à l’article 55 de la loi n°15-09 relative aux mesures de défense commerciale, cette enquête vise à déterminer l’existence d’un dommage grave subi par la production nationale, ainsi que le lien de causalité entre ce préjudice et l’évolution des importations sur le marché marocain.
Le périmètre de l’enquête couvre l’ensemble des catégories de riz destinées à la consommation humaine directe et en concurrence sur le marché national, notamment le riz blanc et le riz étuvé. En revanche, certaines variétés spécifiques comme le riz basmati et assimilés sont exclues du champ d’analyse.
Selon les données communiquées par le ministère, les importations de riz ont connu une hausse marquée, passant de 54.980 tonnes en 2022 à 118.843 tonnes en 2025, soit une augmentation de 116 %. Dans le même temps, la part de ces importations par rapport à la production nationale aurait fortement progressé, traduisant une pression croissante sur la filière locale.
Les autorités expliquent cette évolution par plusieurs facteurs internationaux, notamment une offre excédentaire sur le marché mondial, l’assouplissement de certaines restrictions à l’exportation dans les pays producteurs, ainsi que des perturbations sur les marchés internationaux ayant favorisé des réorientations des flux commerciaux vers le Maroc.
Dans le cadre de cette enquête, le ministère adressera des questionnaires aux producteurs nationaux, importateurs et exportateurs étrangers concernés. Les parties intéressées disposent d’un délai de 30 jours à compter de l’ouverture de l’enquête, soit jusqu’au 15 mai 2026, pour se manifester et transmettre leurs observations.
Les autorités précisent également que les réponses aux questionnaires devront être fournies dans les délais impartis, sous peine de voir les conclusions établies sur la base des informations disponibles. Par ailleurs, les parties doivent veiller à fournir des versions non confidentielles de leurs données afin de garantir la transparence et le respect des droits de défense.


